Souffrance au travail : des solutions existent

Etre prestataire de bilan de compétences nous permet d’appréhender de manière intuitive l’accroissement de la souffrance au travail et des cas de burn out. En effet, nous accompagnons de plus en plus de personnes concernées par le sujet. Mais quelle est la situation réelle en France et quelles sont les solutions ?

Des chiffres alarmants

L’Académie de médecine évalue à 100 000 le nombre de personnes touchées par le burn-out.

Selon une étude du cabinet Rehalto publiée en 2016, 14 % des arrêts de travail sont dus à des tensions liées à l’organisation du travail et 6 % à des difficultés liées aux pratiques managériales de l’entreprise. La charge de travail et l’environnement physique sont cités comme les principales sources de difficultés pour les salariés arrêtés suite à des tensions liées au travail. Les troubles psychologiques (14 %) arrivent en quatrième position des motifs d’arrêts de travail.

Marie Pezé, fondatrice du réseau « souffrance et travail » constate que la souffrance au travail a augmenté à partir des années 90. Puis, la situation s’est aggravée avec une vague de suicides sur le lieu de travail au début des années 2000. Depuis 5 ans, elle constate un accroissement des burn-out et cela bien que le législateur ait traité le sujet. On assiste à une forte dégradation de la santé au travail alors qu’on n’a jamais autant parlé de bien être au travail.

Comment expliquer l’accroissement de la souffrance au travail ?

Le lien est fait par les cliniciens du travail entre la modification des organisations de travail intervenue dès les années 90 et l’accroissement de la souffrance au travail : diminution des effectifs et des moyens, modes de management punitifs, gestion des équipes à partir de tableaux de bord, excès de mails, objectifs chiffrés parfois non atteignables ou toujours augmentés, montée en puissance des open spaces, charges de travail très importantes. Les salariés ne parviennent plus à bien faire leur travail et à faire tout ce qu’on leur demande de faire. Ils en tirent le sentiment d’être inefficaces et perdent toute confiance en eux. A partir des années 2000, le mouvement s’accélère avec le passage aux 35h : même charge de travail à faire en moins de temps. Les cadres au forfait sont souvent les plus impactés car ils récupèrent une partie du travail qui ne peut pas être réalisé par leurs collaborateurs dans ce temps réduit. Et puis il y a le sens du travail et les valeurs qui apportent  des sources de motivation et qui font défaut à de plus en plus d’organisations. A pareil traitement, certains d’entre nous ne résistent pas et les dommages sont parfois irréversibles. 20% des burn out finissent par une invalidité définitive.

Les signes avant-coureurs

Dans notre centre de bilan de compétences nous accueillons des personnes en souffrance qui parfois n’ont pas conscience de ce qui se passe pour elles et de la manière dont les choses peuvent s’aggraver. Ça commence par « j’aimerais faire le point pour éventuellement changer de métier » et puis en posant des questions, on apprend que « j’ai la boule au ventre tous les jours quand je pars au travail », « je dors mal, je pense à tout ce que je n’ai pas réussi à faire dans la journée et tout ce qui m’attend demain » « je suis très angoissée, j’ai peur de faire des erreurs ». La suite ce sont les troubles de santé liés au stress : ulcères d’estomac, tendinites, troubles alimentaires, … et plus grave :  dépression, maladies cardio-vasculaires, épuisement, … Pour éviter le burn-out, mieux vaut apprendre à écouter ces signes de mal être et prendre des dispositions le plus tôt possible comme le conseille Marie Pezé.

Des solutions pour s’en sortir Le chômage baisse à tel point que dans les grandes métropoles françaises on a presqu’atteint le plein emploi dans certaines fonctions. Qui n’a pas entendu parler du manque de techniciens, de commerciaux, de comptables ? Nombre de métiers sont touchés par la pénurie de compétences. Parmi ces centaines de milliers de postes à pourvoir il y en a forcément un qui fera votre bonheur. Comme le souligne Marie Pezé, 80% des salariés en souffrance retrouvent du travail ailleurs et finissent par bien se porter. Mais pour cela les salariés « amochés » doivent reprendre confiance en eux, se réapproprier leurs compétences, leurs qualités personnelles, se reconnecter avec ce qu’ils sont vraiment : leurs envies, leurs points de vue, leurs valeurs. Bref reprendre la main sur leur vie professionnelle pour devenir ou redevenir maître du jeu. Plusieurs professionnels peuvent les y aider : les médecins du travail qui sauront reconnaitre les signes d’une souffrance, les assistantes sociales et les chargés de maintiens dans l’emploi qui savent orienter vers les bons interlocuteurs. D’autres spécialistes représentent de bons interlocuteurs : les psychologues et psychiatres spécialisés en souffrance au travail, les associations d’entraide, les centres de bilans de compétences pour reprendre confiance en soi et élaborer un nouveau projet professionnel. Et vous comment allez-vous ? Vous ne vous sentez pas bien dans votre job ? Votre emploi vous fait souffrir ? N’attendez pas d’aller plus mal : faites-vous aider sans tarder !